Napoléon Bonaparte avait donné l'objet vers 1805 à son frère Jérôme, futur roi de Westphalie, pour son mariage et il n'avait jamais quitté la famille impériale depuis. Classé monument historique en 1978, il était estimé entre 1,2 et 1,5 million d'euros (entre 1,7 et 2,1 millions $ CAN). Les descendants de Jérôme l'avaient reçu par succession en indivision et avaient décidé de le mettre en vente. L'arme restera finalement en famille, l'un des descendants - resté anonyme - ayant finalement décidé de l'acquérir, a précisé à l'Associated Press Isabelle de Puysegur, attachée de presse de la maison Osenat.
Fabriqué et dessiné vers 1800 par Nicolas-Noël Boutet, directeur-artiste de la manufacture de Versailles, l'arme, toujours en bon état, est inspirée des sabres orientaux, en forme de "S", avec une lame courbe en damas de Solingen. D'une longueur de 97 centimètres, sa poignée en ébène est ornée sur les côtés d'un cloutage d'or.
Le sabre est présenté avec sa ceinture à "l'orientale", en cordon tressé de soie cramoisie et de fils d'or, se terminant par deux glands agrémentés de perles de corail. Il est contenu dans un écrin de protection en bois recouvert de cuir, probablement de fabrication de la seconde moitié du XIXe siècle. Il porte l'inscription: "Sabre de Napoléon le Grand à la bataille de Marengo".
L'objet était inspiré de la campagne d'Egypte de Bonaparte. "Il avait remarqué que les sabres arabes, qui étaient gravés, étaient très efficaces pour couper les têtes françaises", selon le commissaire-priseur Jean-Pierre Osenat, chargé de la vente. A son retour, il avait demandé que soit fabriqué ce sabre. "C'est à la fois une arme de guerre et une très belle oeuvre d'art", a-t-il ajouté.
S'il n'a jamais fait couler le sang, le sabre "symbolise la force de Napoléon, son pouvoir total à cette époque", a noté M. Osenat. "C'est un objet chargé de fétichisme, de symbolique et d'histoire. Il y a un côté magique dans ce sabre, et il représente la puissance de l'empereur".
Alors qu'il était Premier consul, Napoléon Bonaparte l'avait porté à la bataille de Marengo, en Italie du Nord, le 25 Prairial an VIII (14 juin 1800). Le futur empereur (il le devient en 1804) était monté lui-même au front pour redonner courage à ses troupes alors que tout semblait perdu, remportant ce jour-là une bataille décisive sur les Autrichiens pendant la deuxième campagne d'Italie.